Parfois on marche, on se balade, profitant simplement d'un moment reposant pour se retrouver. On avance, seule sur ce chemin qui paraît si agréable, en sachant exactement où on va. Mais soudain, peut-être pris par la beauté du paysage, on s'égare, se perd et s'engage dans une forêt sombre où les brins d'herbe se transforment en morceaux de verre.
Les pieds ensanglantés, on court pour pouvoir sortir de ce cauchemar, mais en ne s'enfonçant que d'avantage dans ce que l'on croyait être une belle clairière.
Je croyais savoir ce que je ressentais, je croyais savoir ce que je voulais, je croyais savoir enfin qui j'étais... Je croyais.
Se regarder dans le mirroir et ne pas connaître ce reflet, ne plus se reconnaître. J'ai trop changé, trop vite, je me vois encore comme il y a quelques mois, avec 20 kilos de plus. Comme s'ils avaient glissé jusque sur le mirroir. Pourtant ils ne sont que dans ma tête.
Je suis trop complexe pour être une seule, se réveiller tous les matins en voulant être une autre que celle qu'on était la veille. Je me demande parfois si les gens arrivent à me cerner. Un oiseau n'est pas facile à capturer.
Je ne sais même pas qui je veux être. Peut-être que je veux être tout le monde à la fois.
Tout était clair en moi, il a tout noirci. Je n'arrive même plus à décrire les sentiments que je ressens, je ne sais plus ce qu'ils veulent dire. 15 ans de frustration et de manque d'affection m'ont transformé en un espèce de bisounours en manque de calin permanant. Je fini par m'attacher à tout le monde, et n'importe qui.
J'attends, depuis toujours qu'il y ai quelque chose d'important qui se passe dans ma vie, un évènement particulièrement heureux, quelque chose qui vaille vraiment la peine d'être raconté, mais je me rends compte que ma vie n'est qu'une succession de moments insignifiants et sans intéret.
Je ne veux pas faire partie de l'Histoire, je veux qu'elle se souvienne de moi.
Je ne me souviens déjà pas moi-même de qui je suis.
Vouloir tout changer, vivre autre chose, vivre enfin pour quelque chose. Se lever le matin sans savoir pourquoi. Mes jambes avancent par simple habitude.
Envie de changer de tête, les cheveux reflettent qui ont est et pour qui on se prend. Les miens sont juste très longs, mais ne brillent plus.
Je me suis éteinte.
Je ne trouve plus l'interrupteur.
Eux non plus.